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  • Sara Dirkx

Black Friday : Une seule journée suffit-elle à éteindre nos bonnes résolutions ?

Mis à jour : 1 déc. 2020

Les amis, quand nous allons faire du sport, après une bonne séance d’effort à puiser dans nos réserves, ne dit-on pas que l’on s’est bien dépensé, que cela nous a fait du bien ? Oui. La réponse est évidente.


Mais à la suite d’une suave journée « shopping » ou nous avons tout dépensé de nos économies, pour l’effort de fin d’année, se sent-on authentiquement bien pour autant ?

Source : Freepik


Au-delà du simple fait que de répondre d’instinct à un mouvement planétaire qui de marche forcée nous veut hypers consommateurs à certains jours précis de l’année, qu’obtenons-nous de substantiellement si significatif que nous ne voudrions désormais ne manquer pour rien au monde l’échéance de ce qu’il convient bien d’appeler un pur produit marketing : Le Black Friday, notre friandise de fin d’année.


Comme une Saint-Nicolas de substitution pour adultes, qui ne croient pourtant plus au Père Noël mais pour lesquels il faudrait rendre accessible au plus grand nombre une sorte de magie enchantée par l’illusion que tout ce qui brille par l’apparence devient aussitôt à portée de main (ou plutôt à "portée d’achat" ).


Une naissance américaine


Ce vendredi 27 novembre prochain, le concept du Black Friday, atteindra désormais un âge de maturité ici : il soufflera sa septième année de lancement en Europe.


C’est bien tardivement, en 2013, que cet évènement commercial venu d’Outre-Atlantique a vu le jour dans nos contrées. D’abord à pas timides – tant personne les premières années en Europe n’identifiait véritablement cet OVNI culturel à 100 % américain – mais qui s’imposera à la longue, à partir de 2016, être une tendance confirmée également de ce côté-ci de l’Atlantique. Il s’apparente désormais être une figure imposée pour tout commerçant désireux de booster considérablement le chiffre d’affaire annuel de son activité, comme pour tout client ayant succombé à l’idée d’y trouver à cette occasion de drastiques réductions des prix.


Le concept n’est en lui-même pas tout neuf. Il voit le jour dans les années 1950 aux États-Unis, mais ce n’est que depuis le début des années 1970 qu’il épousera là-bas les formes que nous lui connaissons aujourd’hui.


Au pays de la démesure, ou naît le gros des tendances que nous aurons à connaître bien plus tard sur le Vieux Continent, chaque année, la tradition a donc voulu que le vendredi qui suit le quatrième jeudi du mois (jour de la fête familiale de Thanksgiving), aussitôt tous les centres commerciaux et magasins que compte le pays deviennent le théâtre d’une frénésie collective de la dépense tous azimuts.


L’édition américaine, sans commune mesure avec ce que l’on connaît en Europe


Une authentique vague de fièvre consumériste déferle alors, initialement le temps d’une journée, sur la quasi-totalité des foyers américains (et aujourd’hui impactant le reste du monde) en vertu des soldes monstres appliquées sur les prix, dits devenus « irrésistibles ». Au grand dam des petits commerçants locaux, les grands acteurs du e-commerce mondial (tel qu’Amazon) s’en frottent les mains tant leurs bénéfices sont considérables sur cette seule période. Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait croire le Black Friday dépasse largement le périmètre circonscrit d’une seule journée, mais correspond plutôt à une grosse semaine de promotion. Les offres perdurent ainsi généralement tout le week-end, pour se conclure au lundi qui suit (dit le Cyber Monday).


À la différence avec les Etats-Unis, en Europe grand nombre des achats durant cette période sont effectués via internet. A contrario chez l’Oncle Sam, les clients ont plutôt tendance à privilégier l’achat directement en magasins (du moins lors des éditions antérieures à l’actuelle crise Covid.)


L’Europe ne connaît cependant pas – encore ? – les scènes d’hystérie collective que l’on voit d’ordinaire sur le sol américain. Là-bas, l’effervescence autour de cette action commerciale est telle que cela donne à connaître des bousculades épouvantablement violentes, entre batailles rangées de clients furibonds au sein même des rayons des magasins. En cause ? La peur froide de la rupture de stock et en conséquence de ne pouvoir être en mesure de prendre part individuellement à cette grand-messe collective toute dédiée à la consommation effrénée, ce qui visiblement met hors de contrôle certains esprits.


À ce jour, les Etats-Unis ne dénombrent pas moins de 12 décès liés aux violences perpétrées lors du Black Friday, à l’instar de cet employé de magasin qui décédera tragiquement d’avoir été littéralement piétiné par une foule rendue impatiente lors de l’ouverture brusque des portes.



Le Black Friday, tient-il pour autant ses promesses ?



Des associations de consommateurs ont tenu à le vérifier. Elles ont comparé le prix de milliers de produits avant et pendant l’évènement. Leur conclusion est sans appel : Les vraies bonnes affaires sont rares. Principalement, en raison du fait que la majorité des prix d’origine ont fait l’objet d’une augmentation significative préalablement à l’action de rabais (soit lors des semaines précédant l’évènement commercial, soit tout juste au début de celui-ci).


Selon une étude de l’association UFC-Que choisir, pour l’édition 2016 (si on considère qu’une ristourne de 20% commence à être intéressante pour les consommateurs), sur l’ensemble des actions proposées aux clients, seul entre 0,5 et 2 % de l’offre s’avérait être de vraies ristournes.



D’autres alternatives sont possibles


Cette injonction au bonheur par le prisme d’une exploitation aveugle des ressources planétaires ne convient cependant pas à tout le monde.


En France par exemple, dès 2017, des marques se sont associées pour former l’action Green Friday en proposant de reverser 10% de leurs bénéfices de la journée à des associations qui luttent pour un monde plus respectueux de l’environnement.


Dans la même veine, depuis deux ans, une pléthore d’initiatives de cette nature voient le jour, que cela soit à l’initiative des marques elles-mêmes ou de la part d’ONG telle que Greenpeace qui fait vœu d’apprendre " à créer et à réparer " plutôt qu’à entretenir une chaîne de consommation infernale de biens manufacturés dont nous n’avons pas réellement besoin.


Si la société civile se montre de plus en plus sensibilisée par les questions environnementales, des mouvements réunissant marques et enseignes commerçantes, à l’instar de "Make Friday Green Again" , voit le jour. Le mot d’ordre est efficace : lutter contre les idées véhiculées par le Black Friday.


Ainsi, les enseignes concernées plutôt que de proposer à leur tour des remises "incroyables" durant l’évènement commercial du Vendredi Fou, font le choix inverse de fermer leurs portes en signe de protestation, et de promouvoir ainsi par la visibilité que confère la portée symbolique de leur geste la lutte contre la surconsommation au biais d’actions de sensibilisation de différentes natures.

Source : Freepik


Les réseaux sociaux comme acteurs du changement


Sur Instagram le hashtag #GreenFriday gagne en popularité grandissante. Le mouvement citoyen qu’il traduit nous enseigne par ailleurs que les actions salutaires visant à adapter notre comportement ce vendredi 27 novembre, doivent également nous inviter à envisager autrement les 364 autres jours de l’année.


Partant du sain postulat que ce qui nous sera authentiquement profitable, à tous et à toutes sur le long terme, ne répond définitivement pas aux impératifs d'une croissance continue pour une consommation débridée.


Ce qui devrait nous inviter à la plus sage des réflexions par ces temps particuliers où l'on se plaît à imaginer le monde d'après.


Dès lors, aller à visage découvert vers notre destin commun, passe sans doute aussi par intégrer le fond de ces paramètres-là.



Sources :


https://www.quechoisir.org/actualite-black-friday-2018-la-foire-aux-fausses-promos-n60685/

https://www.rtbf.be/tendance/detente/detail_les-origines-du-black-friday?id=10363997

https://geeko.lesoir.be/2020/11/23/black-friday-les-5-erreurs-a-eviter/

https://www.rtbf.be/tendance/detente/detail_le-boycott-du-black-friday-pour-une-consommation-plus-green?id=10361479




Black Friday: Is één dag genoeg om onze goede voornemens uit te doven?


Als we gaan sporten, na een goede sessie van inspanning en uitputten van onze reserves, zeggen we dan niet dat we ons goed hebben ingezet, dat het ons goed heeft gedaan? Ja. Het antwoord is duidelijk.


Maar voelt het na een rustige "shopping dag" waar we al ons spaargeld voor het einde van het jaar aan hebben besteed, echt goed?



Bron : Freepik


Buiten het simpele feit dat we instinctief reageren op een wereldwijde beweging die ons op bepaalde dagen van het jaar hyperconsumenten wilt maken, wat is er zo belangrijk dat we voor niets ter wereld de deadline willen missen van wat we een puur marketingproduct zouden moeten noemen: Black Friday, onze jaareinde traktatie.


Net als een vervangende Sinterklaasdag voor volwassenen die niet meer in de kerstman geloven, maar voor wie een soort magie toegankelijk moet worden gemaakt door de illusie dat alles wat glinstert binnen handbereik (of eerder binnen het bereik van de aankoop) komt.



Een Amerikaanse geboorte


Deze vrijdag, 27 november, zal het concept van Black Friday nu een volwassenheid bereiken: het zal in het zevende jaar van zijn lancering in Europa zijn.


Het was erg laat, in 2013, dat dit commerciële evenement van over de Atlantische Oceaan in onze regio's werd gelanceerd. Eerst met schuchtere stappen - in het begin hebben zoveel mensen in Europa deze 100% Amerikaanse culturele UFO niet echt geïdentificeerd - maar op de lange termijn, vanaf 2016, zal het ook aan deze kant van de Atlantische Oceaan een bevestigde trend worden. Het lijkt nu verplicht voor elke detailhandelaar die de jaarlijkse omzet van zijn bedrijf aanzienlijk wil verhogen, net als voor elke klant bij wie het idee is ontstaan om bij deze gelegenheid drastische prijsverlagingen te vinden.


Het concept zelf is niet gloednieuw. Het ontstond in de jaren vijftig in de Verenigde Staten, maar pas in het begin van de jaren zeventig kreeg het de vorm die we nu kennen.


In het land van het exces, waar het grootste deel van de trends die we veel later op het Oude Continent zullen kennen elk jaar worden geboren, heeft de traditie dus gedicteerd dat de vrijdag na de vierde donderdag van de maand (de familiefeestdag van Thanksgiving), onmiddellijk alle winkelcentra en winkels in het land de scène worden van een collectieve razernij van gekke uitgaven.


De Amerikaanse editie, onvergelijkbaar met wat er in Europa bekend is


Een authentieke golf van consumptieve koorts breekt dan uit, oorspronkelijk voor een dag, op bijna alle Amerikaanse huishoudens (en vandaag de dag de rest van de wereld) door de monsterverkoop op de "onweerstaanbaare" prijzen. Tot groot ongenoegen van de kleine lokale handelaars, wrijven de grote spelers in de wereldwijde e-commerce (zoals Amazon) hun handen, omdat hun winst in deze periode alleen al aanzienlijk is. In tegenstelling tot wat men zou kunnen denken, gaat Black Friday echter veel verder dan de grenzen van een enkele dag, het is eerder een grote promotieweek. De aanbiedingen duren dus over het algemeen het hele weekend, en eindigen op de volgende maandag (bekend als Cybermonday).


In tegenstelling tot de Verenigde Staten worden in Europa veel van de aankopen in deze periode via het internet gedaan. Bij Uncle Sam daarentegen hebben klanten de voorkeur om direct in de winkels te kopen (in ieder geval in de edities voorafgaand aan de huidige Covid-crisis).


Maar Europa is - nog? - niet de scènes van collectieve hysterie die men vaak op Amerikaanse bodem ziet. Daar is de opwinding rond deze handelsactie zodanig dat het aanleiding geeft tot een vreselijk gewelddadig gevecht tussen de rijen woedende klanten in de winkelrekken. De oorzaak? De koude angst voor uitverkoop waardoor men niet individueel kan deelnemen aan deze collectieve hoogmis die gewijd is aan ongebreidelde consumptie, wat bepaalde hoofden duidelijk oncontroleerbaar maakt.


Tot nu toe zijn in de Verenigde Staten niet minder dan 12 mensen gestorven als gevolg van het geweld op Black Friday, waaronder een winkelbediende die op tragische wijze omkwam toen hij bij het plotselinge openen van de deuren door een ongeduldige massa werd vertrapt.



Black Friday, houdt het zich aan zijn beloftes?


De consumentenverenigingen wouden dit graag controleren. Ze vergeleken de prijzen van duizenden producten voor en tijdens het evenement. Hun conclusie is onbetwistbaar: echte deals zijn zeldzaam. Voornamelijk omdat het merendeel van de oorspronkelijke prijzen vóór de kortingsactie aanzienlijk werd verhoogd (hetzij in de weken voorafgaand aan het commerciële evenement, hetzij vlak ervoor).


Volgens een studie van de vereniging UFC-Que choisir, voor de editie 2016 (als we denken dat een korting van 20% interessant begint te worden voor de consument), van alle acties die aan klanten worden voorgesteld, bleek slechts tussen 0,5 en 2% van het aanbod echte kortingen te zijn.



Andere alternatieven zijn mogelijk


Dit bevel tot geluk door het prisma van de blinde exploitatie van de natuurlijke rijkdommen past echter niet bij iedereen.


In Frankrijk bijvoorbeeld hebben de merken zich vanaf 2017 verenigd in de actie Green Friday door 10% van hun winst voor die dag te schenken aan verenigingen die strijden voor een milieuvriendelijkere wereld.


In dezelfde optiek zijn er de afgelopen twee jaar talrijke vergelijkbare initiatieven ontstaan, hetzij op initiatief van de merken zelf, hetzij van NGO's zoals Greenpeace, die beloven te leren "te creëren en te repareren" in plaats van een helse consumptieketen van geproduceerde goederen die we niet echt nodig hebben.


Terwijl het maatschappelijk steeds meer bewust wordt van de milieuproblematiek, ontstaan er bewegingen die merken en retailers samenbrengen, zoals Make Friday Green Again. Het motto is effectief: strijden tegen de ideeën van Black Friday.


In plaats van op hun beurt "ongelofelijke" kortingen aan te bieden tijdens het commerciële evenement, kiezen de betrokken merken er dus voor om hun deuren te sluiten als teken van protest, en zo, door de zichtbaarheid die de symbolische betekenis van hun gebaar, de strijd tegen overconsumptie te bevorderen door middel van bewustmakingsacties van verschillende aard.


Bron: Freepik


Sociale netwerken als agenten van verandering


Op Instagram groeit de hashtag #GreenFriday in populariteit. De burgerbeweging die deze vertaalt, leert ons bovendien dat heilzame acties om ons gedrag op vrijdag 27 november aan te passen, ons ook moeten aanzetten om de andere 364 dagen van het jaar anders te bekijken.


Uitgaande van de gedachte dat wat ons allen op lange termijn werkelijk ten goede zal komen, niet voldoet aan de eisen van continue groei voor ongebreidelde consumptie.


Dit zou ons moeten inspireren tot de meest verstandige bezinning in deze bijzondere tijden, waarin we ons de wereld van achteraf graag voorstellen.


Met een open gezicht naar ons gemeenschappelijke lot toe gaan, betekent ongetwijfeld ook dat we de inhoud van deze parameters moeten integreren.



https://www.quechoisir.org/actualite-black-friday-2018-la-foire-aux-fausses-promos-n60685/

https://www.rtbf.be/tendance/detente/detail_les-origines-du-black-friday?id=10363997

https://geeko.lesoir.be/2020/11/23/black-friday-les-5-erreurs-a-eviter/

https://www.rtbf.be/tendance/detente/detail_le-boycott-du-black-friday-pour-une-consommation-plus-green?id=10361479

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